L’HIVER
Les arbres rentrent en eux même,
Leurs branches nues se reposent
Pendant que leurs racines se réveillent
Comme un printemps sous terre.
Les animaux glissent dans le silence
A peine quelques pas sur la croute craquante du matin
Certains sont partis loin des gels et des brumes
Pendant que d’autres, les yeux clos
Attendent, plus tard, le souffle qui réchauffe.
L’homme ferme ses fenêtres et regarde à travers la mésange en boule.
Son feu craque pendant que dehors le froid fend.
Ici, à Roucheux, bientôt les champs seront le souvenir blanc
Des dernières récoltes dans la terre amoureuse*.
Le maraicher a parcouru mille fois ses parcelles
Il est temps maintenant d’enrichir les planches nues
Dont le sol est aussi fatigué que lui.
Il aiguise les outils, prend soin des engins,
Il veille sur ce qui vit sous les toiles
Il brise le silence du matin avec les caisses de poireaux empilées
Fourbus et satisfait, il plonge déjà son espoir dans les veines de la terre
Et commence à rêver du printemps …
* Se dit de la terre qui colle aux chaussures ou aux bottes.


