Je suis Simon, j’ai 28 ans, j’ai quitté l’école à 16 ans et depuis je cherche ma place…
Vous connaissez cette phrase ; « C’est dommage tu as du potentiel » ! Je l’ai entendu tout le long de ma scolarité ! J’ai essayé pourtant, mais mon corps ne voulait pas. Impossible de mobiliser le moindre intérêt, j’étais totalement passif et déprimé. Après quelques « comportements à risque » comme on dit quand on arrive au bout du rouleau et qu’on se fait du mal, , on m’a diagnostiqué de sérieuses fragilités sur la question de l’anxiété. J’en veux encore à l’école et au collège parce que je suis certain que c’est leur fonctionnement incohérent et insécurisant qui a généré ce trouble !
Je me suis reclus devant mon PC pendant les 7 années suivantes. Ma batterie sociale était pleine. Trop de gens, trop de bruit, trop de tout. Je ne trouvais plus de sens à rien, j’étais en colère et je ne voulais pas appartenir à ce monde.
A 23 ans, je suis allé à la mission locale et je suis rentré dans le dispositif « Garantie jeune ». Ça m’a permis de me resocialiser, de gagner un peu d’argent et de faire quelques stages. Ça a commencé par la lecture du livre d’une femme qui raconte que la fleuristerie l’a aidée à sortir d’une mauvaise passe. Ni une ni deux, le jour de la fête des mères, je me suis présenté au culot chez une fleuriste et je l’ai aidé toute la journée ! C’était génial ! Je me suis donc inscrit à un CAP par correspondance et j’ai fait mon stage de formation à Aix-les-Bains. J’ai adoré ! J’ai eu mon diplôme et pendant 2 ans j’ai travaillé comme fleuriste dans la galerie marchande d’une grande surface. Ça me plaisait bien, j’était bien payé et ce fut une bonne période.
Malheureusement, quand le COVID est arrivé, la fleuristerie a fermé et on m’a envoyé au drive.
Le rythme, le comportement des gens qui achetaient du papier toilette ou de l’alcool par palette, leur violence entre eux ou avec moi, les insultes et ce spectacle de déshumanisation ont eu raison de mon équilibre mentale. J’ai arrêté ce boulot, j’ai fait une grosse dépression que j’ai « soigné » par de fortes consommations d’alcool…
Ça a duré 1 an et demi jusqu’à mon entrée en cure pour 6 mois.
L’année dernière, j’ai eu peur qu’on me coupe le RSA alors je me suis présenté aux Jardins de Contrat. C’était au mois de juin. Maintenant tout va mieux. Le maraichage c’est concret, c’est utile et ça a du sens ! Ici tout va bien mais je suis souvent hanté par la suite ; la peur de l’échec, la peur de l’avenir, la peur du vide, la peur de décevoir. Je ne me projette pas, je ne sais pas faire…
Pour le moment, je vais le mieux possible au regard des dernières années. Mon principal objectif c’est que ça dure et que ça se stabilise pour longtemps, avant d’être prêt à avancer !

