Vente de légumes à la ferme tous les vendredis de 8h30 à 14h30 !

Feuille de chou N° 1189 - Semaine 44

Bonjour,

Je travaille aux JDC depuis février 2026. Mon parcours professionnel a commencé par l’obtention d’un CAP menuisier que j’ai passé auprès des Compagnons du Devoir. Mon premier emploi ne me convenait pas car je travaillais dans une grosse boite, il me manquait le côté humain, c’était l’usine. J’ai donc refait un 2ème CAP en couverture. J’ai gardé de mon socle de formation chez les compagnons des valeurs comme la fratrie, l’entraide et le sens du devoir.

J’ai travaillé pendant une quinzaine d’année en tant que couvreur dans 3 boites successives car deux ont fermé. C’était des petites entreprises de moins de 10 salariés. J’ai travaillé dans des conditions de travail laborieuses. Nous n’avions pas d’élévateurs, il fallait tout porter à la main. Les patrons n’étaient pas regardants sur les conditions de travail, il n’y avait pas d’équipements de sécurité, pas de harnais. J’ai fait plusieurs chutes dont 2 qui m’ont bien affaibli. Je suis tombé de l’église de Pocé-sur-Cisse. Je me suis abîmé au travail. Si j’avais un conseil à donner aux jeunes : faites bien attention à choisir une entreprise qui prenne soin de ses salariés et qui opte pour la sécurité avant tout. Malgré cela, je suis fier d’avoir participé à des chantiers prestigieux.

Je me suis aussi abimé le corps avec mes addictions. Très tôt, j’ai été attiré par les produits.

Je viens de Paris, je suis arrivé à Saint-Ouen-les-Vignes à l’âge de 10 ans. Suite à la séparation de mes parents, j’ai suivi ma mère. On m’appelait donc le Parigot. J’étais déjà un peu « frimeur », à faire les 400 coups. Ma mère m’a laissé une trop grande liberté. J’ai donc rencontré très tôt le cannabis, l’alcool puis les autres drogues.

J’avais dans le travail une tendance addictive. Je travaillais à fond, sans me ménager. Puis il y a eu mes blessures et mes longs arrêts et aussi la période COVID. Il n’y avait plus de travail, mes consommations ont été plus importantes. J’ai sombré. Ma mère m’a posé un ultimatum. « Tu reviens vivre à la maison qu’à la condition de te soigner !».

J’ai donc fait une cure en 2024. J’ai tenu une abstinence à l’alcool pendant un an. J’ai rechuté et repris un soin en ambulatoire et aujourd’hui, je peux dire que je suis dans la réduction des risques, je consomme un peu d’alcool mais j’ai arrêté les autres substances.

D’autant plus que je suis un jeune papa depuis peu. Mon fils a été mon catalyseur. J’arrête mes conneries. Ma priorité aujourd’hui c’est donc ma compagne, mon garçon et ma situation financière. Mes projets à court terme, avoir une voiture, déménager d’Amboise (quitter les lieux de consommations), travailler 30h aux Jardins. Le maraichage me plaît bien. Pourquoi pas cette voie-là ?

J’apprécie beaucoup la bienveillance des encadrants des Jardins. Ici on ne juge pas et on fait monter les gens en compétences. Je suis beaucoup plus calme qu’à mon arrivée, plus posé. Ici on voit nos progrès aussi bien dans les gestes et l’apprentissage des nouveaux process que dans les cultures. C’est très valorisant.

Le mot de la fin : je suis à un carrefour dans ma vie. Après 20 ans de conneries, je me calme, et je regarde l’avenir, il s’appelle Malo.